En attendant…

Je suis malheureusement réduite au silence depuis dimanche où l’on m’a volé mon Iphone dans un restaurant. Comme je communique essentiellement avec cet outil, ma connexion avec les réseaux sociaux est aléatoire. J’espère au fil de cette semaine pouvoir retrouver mon rythme habituel. Je ne vous oublie pas.
Vous aurez droit à une belle carte de voeux digne de cette nouvelle année 2017 après celle qui nous a quittée et durement éprouvée.
A tout bientôt.
Aurélie

Who’s Afraid of Women Photographers ?

Virginia Wolf par Julia Margaret Cameron
Virginia Wolf par Julia Margaret Cameron

L’initiation sur la femme photographe fut au lycée. L’infirmière me prêta une biographie sur Fanny Stevenson. Ce livre fut un choc dans ma vie. Il m’emporta pendant une semaine au pays des chercheurs d’or. Fanny fut la compagne de Robert Louis Stevenson et une pionnière de la photographie. Sa vie me passionna et l’envie de photos comme d’instants intimes me fit rêver d’un autre monde. Rinko Kawauchi que je découvrais quelques années après à la fondation Cartier poursuivie cette attirance toute féminine.

Barbara Morgan
Barbara Morgan

Quand l’hiver dernier, au musée d’Orsay et à l’Orangerie, une exposition sur les photographes au féminin fut programmée, j’étais curieuse de savoir où ce que l’on nomme comme un art réservé aux hommes est finalement une phrase mineure face à la présence immédiate des femmes dans ce domaine. La reine Victoria plébiscitait cette science comme loisir à développer au même rang que l’aquarelle, la botanique et l’astronomie. Les amateures furent de bonne heure dans les laboratoires à tirer et développer les pellicules. Leur professionnalisation resta longtemps discrète faute de modèles féminins.

Lola Alvarez Bravo, Sexe végétal (1948)
Lola Alvarez Bravo, Sexe végétal (1948)

 

Cette plongée à travers leur objectif me rappela la sororité qui existe entre les femmes dans leur intimité et leur travail. Dès qu’elles le purent, elles cessèrent d’imiter les hommes. Elles surent rester douces et franches. Traverser les frontières pour des portraits et des autoportraits, rester visibles dans un milieu où l’image prime sur tout le reste. Elles commencèrent par les fleurs. En négatifs, la lumière en transparence, les détails d’un microscope. Vinrent des portraits d’enfants. Puis quelques hommes, la nudité de leur dos, les ombres allongées contre leurs cuisses, des vêtements laissés sur une chaise…

Marianne Breslauer, Die fotografin, 1933
Marianne Breslauer, Die fotografin, 1933

 

Elles sont proches, gardent un espace où le gros plan est éliminé, tout est cerné, délimité. Elles savent ce qu’elles veulent montrer d’elles, s’entourer d’une leçon de séduction et gravir les marches du plaisir. Le corps offert dans un vêtement, sous un drap. Des effets avec la lumière, sur l’eau, les reflets d’une fenêtre. Elles sont en voyage, à l’hôtel, la valise ouverte et les effets éparpillés. Elles sont femmes, ont des chambres adolescentes. Elles sont mères, ont des appartements sur les toits de Paris, fument, boivent, chantent. On ne voit plus le temps passer, elles ont le même âge dans les années folles, l’après-guerre, on pressent la nouvelle vague, on respire.

Il y a vraiment de quoi avoir peur. Ce qu’elles savent, entre et sort de vous. C’est si puissant qu’aucun filtre n’est possible.

Ruth Bernhard, Embryo, 1934
Ruth Bernhard, Embryo, 1934

Intermède 24

Une étoile filante trace la route des cadeaux volants. Au milieu des absurdités du monde, tous les enfants auront leur jouet pour Noël.

La crèche de l'église de Saint-Germain-en-Laye
La crèche de l’église de Saint-Germain-en-Laye

 

En cuisine, on se demande où sont passés les gâteaux. Sur le sol, il y a des miettes qui laissent de sérieux indices. L’enquête débute. Pendant que les femmes vont à la recherche du chien devenu boulimique depuis que sa maîtresse est morte, les hommes ouvrent les placards et font leurs gâteaux préférés, parce que la bûche et les marrons glacés, ça les emmerde.

Résultat, le chien médite devant la crèche avec une larme de champagne et, les préparatifs finis, la table est devenue un buffet à volonté de desserts : muffins à la praline, tarte tatin à la nectarine, brownie au chocolat et noix, mousse au chocolat avec des pépites et des amandes effilées, cake au citron et sésame, cookies à la vanille et à la noisette, galettes et crêpes surette. Tout passe. Les garçons ont fait une salade de fruits. Ils sont doués. Les filles mettent la musique, la lumière, la télé et appellent à tour de rôle leurs copines. Le chien ayant bu cul sec, fini assommé. L’aïeule lui met une couverture. Les femmes ont mis leur plus belle robe et sont pieds nus. Elles frappent des mains, apportent les boissons et les assiettes en carton.

La fête peut commencer.

Intermède 23

Dans la liste envoyée au Père Noël, les enfants cachent sous les cadeaux des messages personnels.

Grand père disparu, la famille ne se réunira pas. Pour un soir, un repas, ils seront amis.

Des messages cachés sous le gui, il y en a peu, il y en a un : rêver d’une maison en paix.

Boîte aux lettres du Père Noël
Boîte aux lettres du Père Noël